Election présidentielle

Les attentes des DRH vis-à-vis du futur président

Par Florence Duflot, chef de rubrique - Le 03/04/2017

Emploi, insertion des jeunes, transformation numérique et compétitivité des entreprises font partie, selon les DRH, des priorités auxquelles le futur président devra s’attaquer.

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Du 5 janvier au 5 février dernier, l’Association nationale des DRH (ANDRH), plus grande communauté de DRH en France, a réalisé un sondage auprès de ses adhérents au sujet de la présidentielle. Sur 5 000 DRH membres, 582 ont répondu. Preuve qu'ils se sentent très concernés par les échéances électorales et que les résultats auront un impact sur la pratique de leur métier à court et moyen terme. Selon eux, trois sujets devraient être prioritaires dans le débat public : l’insertion professionnelle des jeunes (40,43 %), la transformation numérique (33,83 %) et le développement des nouveaux modes d’organisation du travail (28,94 %). Exemple avec le télétravail qui se déploie dans bon nombre d’entreprises. « La branche assurance réfléchit à un accord », laisse entendre Benoît Serre, DRH du groupe Macif et vice-président délégué de l’ANDRH.

D’autres enjeux devront être pris en compte dans les politiques mises en œuvre à l’issue des scrutins, notamment le vieillissement de la population active, les systèmes de protection des nouvelles formes de travail, le bien-être au travail et la compétitivité à l’international. « Le coût du travail en France sur le volet des charges patronales a déjà été réduit, fait remarquer Jean-Paul Charlez, président national de l'ANDRH, mais il faut aller plus loin. » Les DRH y sont largement favorables et estiment également que la suppression des charges salariales ne relevant pas du risque dit « entreprise » (cotisation maladie, par exemple) serait efficace.

Temps et coût du travail prioritaires

Autre fait marquant du sondage, 67 % des répondants citent l’emploi (temps et coût du travail) comme le domaine d’action prioritaire de la nouvelle présidence. Cet item dépasse de très loin le dialogue social, la formation professionnelle et les retraites ! Concernant la durée légale du travail, 54,67 % des répondants considèrent qu’elle constitue une priorité de réforme. Ceux-là sont largement favorables à une négociation au niveau de l’entreprise, et dans une moindre mesure, à une augmentation de sa durée et à sa décorrélation du déclenchement des heures supplémentaires. Le développement de l’apprentissage fait, quant à lui, quasiment l’unanimité (92,57 %). L’exonération totale de charges sociales pour l’entreprise favoriserait l’embauche d’apprentis. « Aux employeurs de renforcer aussi leur rôle dans le système », reconnaît Benoît Serre.

Pour ce qui est de la formation professionnelle, la branche est citée en tête comme étant la mieux placée pour prendre les orientations et les décisions : pour 75,66 % des répondants, c’est aux branches qu’il incombe d’élaborer les référentiels métiers. Autrement, la logique de la dernière réforme de la formation professionnelle doit être poursuivie et l’investissement dans la formation favorisée fiscalement (87,45 %).

Ne pas précariser les salariés

Sur l’évolution du contrat de travail qui fait toujours couler beaucoup d’encre, il apparaît clairement qu’il faille conserver la distinction CDI/CDD tout en assouplissant et simplifiant le dispositif selon les DRH. Le tout sans précariser les salariés. « Aujourd’hui en stock, 93 % des salariés sont en CDI et 7 % en CDD, rappelle Jean-Paul Charlez. En flux, on fait appel aux CDD sur des périodes courtes pour un remplacement ou un surcroît d’activité. L’idée de substituer aux CDD et CDI un contrat de travail unique à droits progressifs est une fausse bonne idée. En revanche, inclure dans le contrat de travail des modalités de rupture prédéfinies et progressives fait sens. » 

Enfin, à propos de l’épargne salariale, plus de la moitié des répondants pensent qu’elle doit être développée, entre autres par la mise en place d’incitations financières à l’abondement des plans d’épargne par l’employeur et par une diminution, voire une suppression du forfait social. Le sondage révèle en outre de la part des DRH des attentes de simplification des dispositifs réglementaires et de limitation de la production normative. « En matière de conduite des réformes, ils se montrent attachés à la qualité des études d’impact des projets de loi, à la précision du mode de financement de l’ensemble des mesures prévues et à la mise en place d’indicateurs de suivi lisibles, transparents et partagés », conclut Jean-Paul Charlez.

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