Interview de la semaine

« La Flat Tax va à l'inverse de l'effet voulu »

Par Thierry Gouby, Chef de rubrique - Le 26/10/2017

Jean-François Garin, directeur général de Groupama Gan vie -

Bilan et perspectives de la filiale assurances de personnes de Groupama avec son directeur général (retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le numéro de novembre de La Tribune de l'assurance).

L’une de vos ambitions 2017 était d’accélérer sur la prévoyance collective et d’équiper TPE et PME captées par l’ANI. Où en êtes-vous ?

Nous sommes plutôt satisfaits sur ce point. L’ANI a été un succès pour Groupama puisque nous avons enregistré une hausse de 40 % des TPE couvertes en santé l’année dernière et plus 20 % cette année. Sur ces affaires nouvelles, notre taux de cross sell en retraite ou prévoyance collective atteint les 48 % et notre objectif est d'atteindre les 70 % à court terme.

Quel est le ratio de solvabilité de Groupama Gan vie ?

2016 a été une année de nombreux travaux opérationnels sur ce sujet. Nous avons engagé une première action sur notre politique d'actifs avec des économies significatives et, du côté du passif, nous avons travaillé à la réduction de nos expositions aux taux garantis.

A 177 % fin 2016, notre ratio de solvabilité s’est amélioré à mi-parcours en 2017 et nous sommes capables désormais d'absorber plus d'un choc majeur. Au 30 juin, la transformation de nos stocks et la légère remontée des taux d'intérêt nous donnent de l'air. D’ailleurs, le récent relèvement de notation pour le groupe à A-, perspective stable, acte le fait que nous sommes sur la bonne voie.

Qu’en est-il de votre PPE ?

L’historique de Groupama fait que notre actif n’est pas très riche. Au moment de la crise de 2012, le niveau de rendement des actifs a été amputé significativement, ce qui a entraîné un taux de rendement et une politique de PPE décalés par rapport au marché.

Le rendement de nos actifs est modeste, mais il reste stable. Ainsi, notre politique de dotation de la participation aux bénéfices reste prudente au regard d’autres compagnies. Notre politique de bonus sur les UC fonctionne bien et nous revenons petit à petit dans la moyenne du marché.

Quelle est votre position sur la Flat Tax ?

Si l'idée de départ peut s’entendre, dans l'application de la Flat Tax, cette barre des 150 000 € crée une vraie différence entre petits et gros épargnants. Une logique qui va à l'inverse de l'effet voulu du financement de l’économie puisque les clients qui possèdent plus de 150 000 € d'épargne sont souvent ceux qui ont le plus d'UC et le moins de fonds euros.

Sur l'épargne, il y a certes encore beaucoup de titres d'Etats mais aussi désormais de nombreux corporate bonds dans la composition des actifs afin de garder du rendement. Indirectement, nous participons déjà au financement de l’économie.

Nous devons créer un compartiment pour les mouvements, les versements et les rachats pour nous conformer à cette nouvelle norme et, si l'idée de départ est intéressante, la Flat Tax se heurte à une réalité. C'est dommage car entre Solvabilité II, l’ANI, la DDA et ça, l'ensemble des coûts portés à la profession depuis quelques années est colossal en termes d’investissements.

Que va changer DDA sur vos activités santé et prévoyance collectives (intéressement des distributeurs, formation) ?

Nous avons un bon système en termes de mécanique de distribution, puisque nos outils d’aide à la vente (OAV) ont été repensés ces dernières années pour aller du terrain vers l'assureur. La maîtrise du devoir de conseil ne peut venir que d'un outil automatisé qui soit à la main du porteur de risques.

Les grandes réformes engagées depuis quelques années sur les systèmes de rémunération de Gan prévoyance et Gan patrimoine pour pérenniser ces réseaux ont permis d’anticiper les exigences de DDA. Nous travaillons actuellement sur les adéquations entre profils de clients et types de solutions d’assurance, même si le sujet gouvernance produit n’est pas simple.

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