Interview de la semaine

« En santé, la pression sur les marges est forte »

Par Stéphane Tufféry, rédacteur en chef - Le 23/11/2017

Quentin Renard, président du groupe Servyr

Figurant dans le top 40 des courtiers français, le Rémois Servyr vient d’inaugurer à Lille un nouveau bureau dédié à l’international. Revue de détails des enjeux et des ambitions du courtier avec son président.

Quelle est l’actualité de Servyr ?

Servyr vient d’inaugurer son bureau international à Lille. C’est depuis ce bureau que le courtier en assurance accueille désormais ses clients étrangers et organise ses affaires à l’export. Servyr est l’un des deux membres français du réseau international de courtage Assurex Global présent dans 120 pays à travers le globe pour un volume de primes annuelles de près de 30 Md$. Outre le siège à Reims, Servyr compte désormais trois autres implantations en France : Paris, Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et tout récemment Lille. 

Et en termes d’activité ?

L’an dernier, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 20 M€, avec ces trois dernières années une croissance qui marque le pas en IARD du fait du contexte baissier. Nous enregistrons toutefois un développement soutenu dans le domaine de la protection sociale complémentaire et sur notre activité de gestion pour compte de tiers des prestations santé et prévoyance collective, portée par la société Hélium créée en 2010. 

Comment se répartissent les activités de Servyr ?

Le cabinet ne travaille que les risques des PME et ETI et notre portefeuille se ventile à hauteur de 40 % pour les assurances de biens et de responsabilités et pour 40 % pour les assurances de personnes. Les 20 % restants sont réalisés sur la branche de l’assurance-crédit que nous travaillons au sein du cabinet depuis 1997. Mais à l’instar des activités dommages, les tarifs des garanties d’assurance-crédit se contractent depuis plusieurs années et au-delà de toutes considérations techniques.

Le cabinet Servyr existe depuis 1902, à l’origine en tant qu’agent général. Nous avons développé l’activité de courtage à partir des années 70. A mon arrivée en 2000 à la présidence du groupe, l’activité d’agent ne comptait plus que pour seulement 10 % du business.

Quels sont les leviers de croissance du groupe ?

Nous avons comme objectif de nous développer sur l’ensemble de nos domaines d’expertises. L’internationalisation de nos entreprises assurées constitue aussi un levier de croissance significatif et justifie pleinement l’ouverture de notre bureau de Lille.

Quel est le contexte des renouvellements pour 2018 ?

La pression tarifaire reste entière en IARD entreprises. Par ailleurs, clients et assureurs nous en demandent davantage, en particulier en matière de conformité dans un contexte d’assiette de primes au mieux stable, voire en contraction. 

En matière d’assurance santé, l’avènement des contrats responsables et des surcomplémentaires a engendré une baisse des primes avec en parallèle un niveau de complexité plus élevé pour assurer la gestion. La pression sur les marges est donc forte.

Quelles sont les solutions ?

Servyr mise sur les gains de productivité et investit dans des outils d’avenir sur les thèmes de la conformité ou de la digitalisation. L’avenir du courtage reste plein de promesses. Le métier de courtier s’apparente à celui du logisticien du dernier kilomètre : il est toujours à un moment donné face au client donc avec un rôle clé pour l’avenir. Mais pour assurer ce succès dans le futur, il faut davantage focaliser nos activités sur la valeur ajoutée de nos prestations et optimiser l’industrialisation des prestations à faible valeur ajoutée.

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