Interview de la semaine

« La France est un marché coeur pour PartnerRe »

Par thierry gouby, chef de rubrique - Le 30/11/2017

Emmanuel Clarke, PDG de PartnerRe

Au sortir d’une période d'événements naturels majeurs pour la réassurance et à la veille des renouvellements des traités, Emmanuel Clarke, PDG de PartnerRe, fait le point sur l’actualité du groupe (retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le numéro de décembre 2017 de La Tribune de l'assurance).

Dans quelle mesure les catastrophes naturelles de ces dernières semaines vous ont-elles impacté ?

En premier lieu, l’impact de ces événements à répétition sur les populations a été particulièrement sévère, mais cela a aussi permis de démontrer le rôle et la valeur ajoutée de la réassurance pour aider à la reconstruction. PartnerRe est évidemment présent aux USA et aux Caraïbes et notre exposition à ces catastrophes est estimée à 475 M$ net de rétrocession et de primes de reconstitution, soit 6,9 % de notre capital total.

Lorsque nous comparons l’impact de ces ouragans entre réassureurs, ce n’est pas tant la valeur absolue des sinistres qui compte mais le pourcentage du capital qu’elle représente. A ce titre, nous sommes finalement bien positionnés.

In fine, je pense que ces catastrophes vont avoir un réel impact sur les tarifs. De nombreux acteurs du secteur souhaitent que les choses bougent, notamment au moment des renouvellements de fin d’année. Après un certain nombre d’exercices sans événement naturel majeur, cette succession d’ouragans et les récents incendies californiens viennent conclure une année 2017 dont le coût pour les assureurs et réassureurs dépasse les 100 Md$ : cela ne se digère pas si facilement. Nous nous attendons donc à des hausses de prix. Les traités impactés vont évidemment enregistrer une forte revalorisation de leurs conditions de renouvellement, tout comme les traités moins impactés mais exposés aux risques catastrophes aux Etats-Unis, et je pense que la vague d’amélioration des conditions ira bien au-delà.

Nous regardons tout cela avec attention et c’est un test pour le marché. Si ce dernier ne réagissait pas après 100 Md$ de pertes, cela signifierait que le marché est peut-être devenu un marché de pures commodités et il faudra alors en tirer les conséquences.

Quelles sont les conséquences du Brexit pour PartnerRe ?

Il y a toujours beaucoup d’incertitudes autour du Brexit. Les négociations et tractations vont encore bon train et nous suivons avec attention les différents scénarios possibles.

Quoiqu’il en soit, si Brexit il y a, c’est globalement une mauvaise nouvelle pour le marché de la réassurance car cela va amplifier les contraintes et la complexité du métier, notamment en termes de diversité de régimes de régulation, ce qui aura un impact sur les coûts.

Pour PartnerRe, qui n’est pas présent dans l’assurance directe, le Brexit n’est pas une source d’inquiétude d’autant que notre mode opératoire européen a suffisamment d’options disponibles pour envisager, quel que soit le futur, une adaptation rapide et facile. 

Quelles sont vos velléités sur le marché français ? 

La France est un marché cœur pour PartnerRe. Nous y avons une longue histoire, notamment grâce au rachat en 1997 de la SAFR et de sa présence très ancienne sur le marché français. Nous avons ici de nombreux souscripteurs dans les branches vie et non vie.

Si la France est un marché d’assurance important, c’est un marché de réassurance qui tend à céder moins que la moyenne européenne en pourcentage de primes. Ce marché cède essentiellement de manière non proportionnelle, en corrélation avec les nombreuses consolidations entre acteurs au fil des années.

Comme dans beaucoup de pays matures, nous y avons des clients de longue date et des partenariats de long terme avec les clients de grande qualité. Mais notre cœur de cible se trouve dans les affaires qui demandent de l’expertise et de l’innovation, comme par exemple sur le risque cyber ou sur des structures de réassurance sur-mesure pour des clients cherchant des solutions de solvabilité ou de gestion de « run off ». Enfin, le marché vie tricolore est un de nos principaux marchés dans le monde, où nous proposons une offre complète sur une grande palette de produits.

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