INTERVIEW DE LA SEMAINE

« CNA Hardy entend élargir son cœur de cible aux TPE »

Par Stéphane Tufféry, rédacteur en chef - Le 22/03/2018

Luc Malâtre, vice-président Europe de CNA Hardy

Luc Malâtre, vice-président Europe de CNA Hardy, dresse le bilan 2017 de l’assureur grands risques d’origine américaine. Il expose sa stratégie et ses ambitions pour 2018 ainsi que le recrutement d’un nouveau DG pour la France.

Quel bilan dressez-vous des activités 2017 de CNA Hardy en Europe ?

CNA Hardy réalise un bon exercice 2017 en Europe et ce en dépit des Cat dans les Caraïbes qui ont impacté certains de nos assurés européens, et de notre implication, comme nombre de nos confrères assureurs actifs sur le marché anglais, dans l’incendie meurtrier de la tour Grenfell à Londres.

Au total, l’activité européenne du groupe sort en croissance pour 2017 par rapport à l’année précédente où nos portefeuilles avaient été durement impactés par les événements naturels majeurs, les inondations en particulier, survenus au Royaume-Uni en 2016.

CNA, né à Chicago au XIXe siècle, est implanté en Europe depuis 1990 et en France depuis vingt ans. Le groupe réalise 85 % de ses 10 Md$ de chiffre d’affaires annuels sur son marché domestique et le solde en Europe de l’Ouest et en Asie. Bien que coté au New York Stock Exchange, il a la particularité d’être détenu à 90 % par une holding familiale depuis plus de quarante-cinq ans. Autre particularité, il intervient seulement sur les risques d’entreprises, avec une offre focalisée sur quelques grands secteurs économiques, principalement la santé, les sciences de la vie, la construction, les services professionnels et la finance.

Quelles sont vos activités sur le Vieux continent ?

CNA travaille en Europe sur les mêmes six secteurs économiques qu’aux Etats-Unis, avec un focus sur le middle-market. Des spécialités renforcées par l’acquisition voilà six ans du syndicat Hardy, notamment pour les risques maritimes et ceux de l’énergie. Du coup, CNA Hardy est aussi très présent en énergies renouvelables ainsi que sur tout le secteur de la logistique et du transport.

Quelle est l’organisation européenne de CNA Hardy et comment allez-vous la faire évoluer après le Brexit ?

Précisément, il existe deux structures juridiques basées à Londres : CNA Europe et le syndicat Hardy, membre du marché des Lloyd’s. Depuis la fusion des deux marques commerciales en 2014, une seule équipe formule des réponses identiques à nos partenaires courtiers. Ce sont ces derniers qui arbitrent entre marché du Lloyd’s et compagnie anglaise en fonction de leurs besoins ; les termes et conditions de nos réponses, qu’elles émanent du syndicat ou de la compagnie, sont exactement les mêmes.

Le groupe a choisi d’implanter une structure à vocation européenne basée au Luxembourg. Le choix n’est pas particulièrement original mais il est assis sur la qualité des échanges avec le régulateur luxembourgeois et le pragmatisme du commissariat aux assurances. 

Quid du marché français ?

La succursale française de CNA Hardy est la plus importante en Europe et a bouclé l’exercice 2017 en croissance de 5 % pour des revenus de 50 M€ avec le meilleur loss ratio de toutes les entités européennes.

Par grand domaine d’activité, le chiffre d’affaires français se ventile à hauteur de 20 % sur les métiers de la santé (praticiens et établissements) et des sciences de la vie. Un autre cinquième de l’activité est réalisé sur les risques ENR. Les offres aux professionnels en groupements ou isolés et aux entreprises financières (Asset management, private equity, FinTech) représentent environ 15 % de l’activité. Le solde est réalisé auprès des secteurs logistique et technologie et avec les produits transverses : RCMS, cyber, fraude, marchandises transportées. Enfin, le secteur de la construction a souscrit ses premiers clients (entreprises et maîtres d’œuvre) au 1er janvier et représente déjà un axe majeur de croissance.

Chaque ligne sectorielle dispose localement de ses souscripteurs dédiés et après un exercice 2017 de réorganisation, avec par exemple l’arrivée de Fabrice Mangin à la tête du département transport & logistique, et de lancements, avec notamment la décennale en construction, CNA Hardy affiche de fortes ambitions de croissance (au-delà de 10 %) pour les prochaines années sur le marché français.

Y aura-t-il d’autres lancements en France en 2018 ?

L’année est placée sous le signe du développement de nos offres existantes et nous sommes focalisés sur la croissance et le développement davantage que sur le lancement de nouveaux produits et/ou nouvelles lignes. CNA Hardy va capitaliser cette année sur son offre. Pour autant, nous entendons élargir notre cœur de cible des ETI et PME aux TPE. Ainsi, nous offrons déjà la souscription en ligne pour la RC des dirigeants d’abord en France, avant d’élargir cette souscription full web à l’Italie puis ailleurs en Europe.

Comment allez-vous faire évoluer la gouvernance en France après le départ de la directrice générale Florence Louppe ?

D’abord, je suis très fier du travail réalisé par CNA Hardy en France sous la direction de Florence Louppe ces deux dernières années. Elle quitte l’entreprise pour un beau challenge professionnel. Nous allons continuer dans la droite ligne de ce que nous avons fait avec elle. Nous sommes actuellement en phase de choix de son successeur pour le marché français, ainsi que d’un directeur commercial.

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