Interview de la semaine

« Macif porte l’ambition d’une protection accessible à tous »

Par Marie-Caroline Carrère, journaliste - Le 03/10/2019

Adrien Couret, directeur général, et Jean-Philippe Dogneton, directeur général délégué de Macif

Dans la suite de l'entretien du numéro 250 d'octobre de « La Tribune de l'assurance », les dirigeants de Macif reviennent sur la stratégie du groupe, le projet One et les problématiques actuelles du marché.

2019 a été une année de changements de gouvernance pour Macif, auront-ils un impact sur la stratégie ?

Adrien Couret : Les récents changements de gouvernance, l’élection de Pascal Michard en tant que président du groupe et nos nominations respectives s’inscrivent dans la continuité de la stratégie du groupe. Plus qu’un binôme, nous pouvons parler d’un véritable trinôme puisque le président du groupe a changé en même temps que la direction générale.

Jean-Philippe Dogneton et moi-même reprenons la suite de Jean-Marc Raby dans une période de transformation. La Macif a retrouvé sa dynamique, a renoué avec des résultats positifs et a amélioré sa solvabilité au travers de son plan stratégique « #macifutur ». En avance sur sa mise en œuvre, tous les voyants étant au vert, le précédent directeur général a souhaité anticiper la préparation du prochain plan stratégique en le confiant dès à présent à une nouvelle équipe dirigeante.

Jean-Philippe Dogneton : Par ailleurs, ce trio est déjà bien connu au sein de la Macif de par nos parcours professionnels au sein du groupe. Cette organisation nous est apparue très naturelle en interne notamment en raison de la taille de l’entreprise. La complémentarité de nos profils et de nos savoir-faire permettra en effet de répondre aux ambitions du groupe. Par ailleurs, ce trinôme assure une meilleure coordination entre le volet opérationnel et le volet stratégique. Cela donne plus de clarté et de lisibilité.

Le projet d’organisation du groupe « One » a été présenté aux instances représentatives du personnel, comment a-t-il été accueilli ?

A.C. : En juillet, nous avons eu une première phase d’échanges avec les instances représentatives du personnel qui s’est achevée en septembre. Le « projet One » n’est pas directement lié au changement de gouvernance. En réalité, il termine le cycle stratégique démarré en 2016 avec « #macifutur » qui avait pour objectif de mettre nos métiers, notre culture interne et nos organisations davantage au service du sociétaire. One a pour ambition de renforcer la coordination et la complémentarité de nos trois métiers (IARD, santé prévoyance et vie) et de faire évoluer la Macif, mutuelle régionalisée depuis 1987, dans une dimension unitaire.

Ceci est indispensable pour faire bénéficier nos sociétaires de toute la puissance et de l’engagement des 10 000 collaborateurs de la Macif.

J.-P.D. : « One » parachève le plan stratégique #macifutur. Sa conclusion pourrait se résumer en une phrase : le sociétaire est au cœur de l’entreprise, il nous appartient d’unir toutes nos forces pour lui apporter une réponse complète.

Comment se déroule le passage d’une entreprise régionalisée à une entreprise organisée par canaux ?

J.-P.D. : Nous sommes dans les mêmes logiques mais sur des échelles différentes. Nous ne raisonnons plus par territoire mais dans une logique multicanale. Cette organisation nous permet par exemple de mieux anticiper les transformations et d’optimiser les flux de gestion et de distribution. Nous changeons d’échelle, d’outils de pilotage et de dynamique managériale. Satisfaire le sociétaire est aussi un vrai défi relationnel.

A.C. : Disponibilité, accessibilité, réactivité : ces évolutions seront perceptibles par le sociétaire. Lorsqu’il contactera la Macif, nous souhaitons qu’il ait accès à l’ensemble des forces vives du groupe. Plus qu’une réorganisation, c’est un projet au service de nos sociétaires.

La transformation digitale, l’innovation et les partenariats sont-ils un moyen d’adresser les problématiques du marché ?

A.C. : Nous travaillons sur ces différents sujets depuis maintenant quelques années. Nous voulons mettre en place les solutions qui participent à l’amélioration du service et à la simplicité de la relation. Fondamentalement, aucun nouveau modèle d’assurance n’a encore émergé et le disrupteur n’est toujours pas là. Pour autant, ce serait une erreur de ne pas porter attention aux dernières innovations ; notre approche est plutôt d’observer et d’intégrer ce que ces transformations peuvent avoir de bon pour le sociétaire.

Dans cette logique, Macif s’est ouverte aux partenariats, à l’acquisition de nouvelles compétences. L’un des chantiers importants du groupe porte sur l’investissement informatique pour développer les outils à même d’opérer cette transformation des métiers en profondeur. Ce sera l’un des sujets majeurs du prochain plan stratégique pour préparer la Macif du XXIe siècle.

L’épargne recule de 1,5 % dans votre activité et sa contribution au résultat net de 11,7 % en 2018, qu’en est-il de l’exercice 2019 ?

J.-P.D. : Bien que la fin de l’année 2018 ait été un peu compliquée, la collecte est aujourd’hui, à l’image du marché, en croissance très significative. En ce qui concerne les UC, nous ne les poussons pas systématiquement. Dans un contexte de taux durablement bas et qui s’accentue, le choix des UC peut être adapté aux épargnants qui ont du temps devant eux. Nous souhaitons avant tout que nos conseillers apportent le bon conseil à nos adhérents. Le mutualisme, ce n’est pas de proposer la même chose à tout le monde, mais d’essayer de répondre aux besoins de chacun.

A.C. : Nous avons commencé il y a trois ans à commercialiser des UC dans nos contrats pour répondre à des besoins d’épargne spécifiques exprimés par nos souscripteurs. Notre démarche sur le patrimonial et l’élargissement de la gamme de nos produits répond, là encore, à la demande de nos clients et non a un changement de posture ou de philosophie du groupe. Lors de l’ouverture d’un contrat d’assurance vie, nous donnons la possibilité à nos souscripteurs d’investir en totalité dans des fonds euros sans répercussion sur les taux servis, contrairement à certains acteurs du marché. C’est notre vision de l’assurance vie : elle doit demeurer accessible à tous, tant que le contexte économique le permet évidemment.

La diversification sera un élément important du prochain plan stratégique ?

A.C. : L’élargissement de la chaîne de valeur est un axe de réflexion dans le cadre du plan stratégique à venir. L’assurance demeure au cœur évidemment mais nous constatons que les attentes portent de plus en plus sur des sujets d’accompagnement en amont et en aval de la survenance du risque. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des services en nombre autour de l’assurance, mais de rester dans une logique de services essentiels : l’apport d’une protection solidaire ouverte au plus grand nombre.

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