Voyagiste

Faillite de Thomas Cook : le casse-tête des assisteurs

Par Nessim Ben Gharbia, journaliste - Le 26/09/2019

Quatre jours après l’annonce officielle de Thomas Cook, les assisteurs se retrouvent en première ligne dans le cadre des opérations de remboursement et de rapatriement des voyageurs. Dans un secteur du voyage en grande difficulté, des voix s’élèvent pour intégrer à l’assurance voyage une garantie en cas de faillite.

© Wikipedia.org
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« Le remboursement des clients français de Thomas Cook posera certainement problème. Il faut que la filiale française se place en cessation de paiement, ce qui n’est pas encore le cas », confie un assureur voyage au lendemain de la mise en faillite du voyagiste. Thomas Cook a annoncé de son côté, dans un communiqué de presse du mardi 24 septembre, qu’il allait demander son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Nanterre : « Une information et une consultation du comité central d’entreprise (CCE) auront lieu aujourd’hui sur le projet de déclaration de cessation des paiements et d’ouverture d’une procédure de redressement. »

En attendant, les assisteurs sont timidement entrés en jeu. « Les contrats classiques d’assurance voyage couvrent les rapatriements en cas de décès ou d’accidents, or la situation présente est bien différente », expliquent-ils en chœur. En effet, la faillite ne fait pas partie des garanties voyage, ce qui complique singulièrement la tâche des professionnels.

C’est ce que confirme Europ assistance, un des assisteurs de Thomas Cook en France : « Nous avons un contrat avec le voyagiste anglais pour l’assistance en matière de rapatriement médical. Les voyageurs sont donc assurés sur ce volet et nous sommes en mesure d’intervenir. En revanche, nous ne sommes pas liés à Thomas Cook sur le risque de faillite. »

Les voyageurs français peuvent néanmoins être rapatriés via l’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APST), laquelle est financée par les cotisations de ses membres, parmi lesquels Thomas Cook. « D’après mes informations, l’APST dispose à ce jour de réserves globales d’environ 40 M€ et a estimé le coût éventuel de retour de ces clients directs à 5 M€. Sur ce plan, la situation parait sous contrôle », confie un assisteur.

Le risque de faillite bientôt pris en compte ?

Cette faillite retentissante vient confirmer les difficultés du monde du voyage. Avant le voyagiste anglais, deux compagnies aériennes (Aigle azur et XL Airways) ont été placées ce mois-ci en redressement judiciaire, au grand dam des professionnels de l’assurance/assistance : « Les alertes sur le marché du voyage, il y en a tout le temps, le secteur est devenu très compliqué. Les délais de paiement sont très longs, du fait de la multiplication des acteurs (courtiers assureurs, voyagistes…), et la concurrence est plus ou moins loyale », affirme un assisteur.

Un de ses confrères franchit le pas et évoque la possibilité de commercialiser « une assurance voyage avec une garantie faillite qui pourrait constituer une solution face aux difficultés économiques actuelles du secteur ». Reste à savoir si les voyageurs accepteront de payer le coût de cette nouvelle garantie.

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