L'œil du gérant

Peut-on être à la fois « Big » et « Beautiful » ?

Par BNP Paribas Asset Management, - Le 13/11/2019 - Magazine n° 251

Une entreprise gigantesque, anonyme, exploite impitoyablement des travailleurs opprimés et pille les ressources naturelles de la planète dans le seul but de dégager des profits. Soudain surgit un super-héros prêt à combattre ce système…

Cela vous dit quelque chose ? Il s’agit de l’intrigue de nombreux films et ouvrages relevant du genre de la dystopie, comme Avatar ou Le Meilleur des mondes pour n’en citer que quelques-uns parmi tant d’autres. Des œuvres de science-fiction donc. Cependant, est-ce juste de la fiction ou faut-il y voir une sorte de prémonition du pouvoir grandissant des entreprises superstars ?

Les entreprises très prospères suscitent généralement de la méfiance. Comment ont-elles pu acquérir cette position dominante sans enfreindre les valeurs morales ? Leur envergure et leur puissance leur permettent-elles d’échapper à tout contrôle et à toute réglementation ?

Les entreprises Superstars sur le banc des accusés

Les firmes superstars représentent un dilemme pour les investisseurs en quête de titres alliant performance et pratiques responsables. Rares sont les sociétés complètement vertueuses, notamment parmi les grandes entreprises. Il convient donc d’évaluer si leur contribution à l’économie et à la société en général l’emporte sur leurs pratiques commerciales et de gouvernance parfois discutables.

Commençons par les arguments de la défense. Il est manifeste que les firmes superstars ont ouvert les marchés et offert aux consommateurs plus de choix et de services, ainsi que des prix plus bas. Amazon, par exemple, a permis l’éclosion de milliers de start-up qui dépendaient, au début, de sa plate-forme. Apple, pour sa part, permet à ses utilisateurs d’être créatifs grâce aux technologies. Enfin, Google et Internet ont ouvert le marché et, dès lors, fait baisser les prix. Tous ces acteurs contribuent positivement à notre quotidien.

Ce sont également des entreprises qui recrutent énormément. Des communautés entières et des millions de personnes dépendent d’elles pour vivre. Ces firmes contribuent également de manière considérable aux fonds publics. Apple estime être actuellement le premier contribuable au monde, ayant payé plus de 35 Md$ d’impôt sur les sociétés au cours des trois dernières années.

Passons aux arguments à charge. Certaines entreprises superstars ont été accusées d’user de leur position dominante sur le marché pour maintenir des salaires bas et faire baisser les prix de leurs fournisseurs. D’autres se sont vues reprocher d’utiliser leur influence politique pour éviter ou atténuer la réglementation. Bien qu’elles s’évertuent à mettre en avant leur sensibilité écologique, leur historique en matière de préservation de l’environnement est, au mieux, inégal. Enfin, les pouvoirs publics s’interrogent de plus en plus sur leurs pratiques de comptabilité « créative ». En Europe, certains pays instaurent une taxe sur les géants technologiques américains afin de mettre fin à ces procédés, une initiative qui menace de déclencher une guerre commerciale avec Washington.

Entreprises Superstars et politique d’engagement

Que peut donc faire l’investisseur « responsable » pour s’assurer que les entreprises superstars dans lesquelles il investit ne sont pas des monstres ? Chez BNP Paribas Asset Management, la durabilité est l’un des piliers de notre philosophie d’investissement. Nous surveillons donc ces entreprises bien plus étroitement que ne le font d’autres gérants :

  • nous tirons parti de notre pouvoir d’influence en tant qu’investisseur important, l’objectif est d’amener ces sociétés à participer à la création d’un avenir durable, en discutant et en collaborant avec elles, ainsi qu’en surveillant leurs pratiques en matière de gouvernance,
  • nous tissons un lien avec les entreprises et dialoguons avec elles pour les encourager à adopter des pratiques durables et éthiques à l’échelle de leur organisation,
  • en tant que membre de l’initiative GNI (Global Network Initiative), nous surveillons chez les géants du secteur technologique le respect des droits civils et de la vie privée, la question de l’accès aux données et la liberté d’expression individuelle.

Rôle de l’investisseur

Le débat sera animé, sachant que les arguments des partisans et des opposants aux entreprises superstars sont solides. Une société doit-elle avant tout satisfaire ses actionnaires ou se préoccuper en premier lieu de son impact positif sur la société dans son ensemble ? Il n’est bien sûr pas possible d’apporter une réponse tranchée à ces questions. Peu d’entreprises superstars ont un historique sans tache et peu sont aussi malfaisantes que le portrait qui est souvent fait d’elles. En tant qu’investisseur responsable, il est de notre devoir de les questionner sur leurs pratiques et de veiller à ce que le développement durable et responsable demeure à leur ordre du jour.

Vous souhaitez découvrir plus d’articles de la campagne superstar ? Rendez-vous sur le site www.investigator.bnpparibas-am.com/fr/ pour suivre notre séquence des investigateurs.

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