Interview de la semaine

« La Banque postale Consumer Finance est en pourparlers avec quatre assureurs »

Par Elisabeth Torres, journaliste - Le 11/02/2021

Franck Oniga, président du directoire de LBPCF

Le président du directoire de La Banque postale Consumer Finance (LBPCF), filiale à 100 % de La Banque postale spécialisée dans le crédit à la consommation qui emploie 624 collaborateurs, compte 830 000 clients et gère un encours de crédit de 5 Md€, revient sur le lancement d'une plate-forme d'Open Banking en marque blanche à disposition notamment des assureurs pour la vente de crédit conso.

La Banque postale financement, filiale de crédit à la consommation de La Banque postale, vient de lancer une interface d’Open Banking. De quoi s’agit-il ?

LBPCF Business Solution est une plate-forme API (interface de programmation d’applications), développée en marque blanche, destinée à des partenaires afin de leur permettre de proposer à leurs clients particuliers l’accès simplifié à une offre de crédit à la consommation. Le parcours client est 100 % digitalisé, multi-produit, et intègre différents modules à forte valeur ajoutée, comme la gestion automatisée du risque de fraude. A l’occasion du lancement de cette plate-forme, La Banque postale financement est devenue La Banque postale Consumer Finance.

Quels sont vos partenaires actuels ?

Nous travaillons avec trois établissements financiers du groupe La Banque postale : BPE (la banque privée de La Banque postale), Ma French Bank (la banque 100 % digitale de La Banque postale), et Sofiap (Société financière pour l’accession à la propriété), filiale de crédit – commune avec la SNCF – dédiée aux cheminots. Nous avons expérimenté notre plate-forme avec eux afin de développer un produit qui soit le plus simple possible et adaptable facilement à des partenaires externes, notamment des assureurs ou d’autres acteurs bancaires.

Avez-vous d’ores et déjà noué des partenariats avec des assureurs ?

Nous sommes en pourparlers avec quatre entités et serons en mesure de communiquer plus largement à ce sujet dans les prochains mois. Nous privilégions une approche qualitative afin de proposer une solution adaptée à des acteurs dont le cœur de métier n’est pas le crédit. Nous avons identifié deux cibles principales : d’une part, certains acteurs dont les processus comportent encore beaucoup de ruptures ou de papier et qui souhaitent moderniser leur approche du crédit à la consommation ; d’autre part, ceux qui n’ont pas encore développé cette activité et ambitionnent de la proposer à leurs clients afin d’étendre leur relation d’assurance. Je pense par exemple à un assureur IARD auto qui proposerait désormais du crédit auto. Reste que pour ces derniers, l’enjeu est de se doter de solutions de crédit à la consommation moyennant un coût d’investissement marginal, puisque ce n’est pas leur cœur de métier, et avec un fonctionnement simple pour l’utilisateur, la complexité étant internalisée chez nous.

Concrètement comment cela s’organise-t-il ?

Nous mettons notre outil d’Open Banking à disposition du partenaire qui va l’intégrer sur son site, en y apposant sa marque et sa charte graphique. Une formation de ses commerciaux est également dispensée. Dans le cadre de ce nouveau modèle partenarial, nous apportons à l’assureur un revenu additionnel. La gestion de ces nouveaux clients sera réalisée chez nous, de même les encours figureront à notre bilan. En fin de compte, l’assureur devient distributeur de l’offre, avec l’intérêt pour ses clients de pouvoir tout faire au même endroit.

L’outil doit être simple tant pour les conseillers des partenaires que pour les clients. Ces derniers pourront télécharger les pièces requises et obtenir une réponse de principe immédiate à leur demande de crédit. Sous réserve des vérifications d’usage et de l’acceptation de son dossier, le client aura les fonds sur son compte sous sept jours (délai Scrivener).

Souhaitez-vous développer cette plate-forme à l'international ? Avec quel impact réglementaire ?

A La Banque postale Consumer Finance, nous avançons par cercles concentriques. Après avoir expérimenté notre plate-forme en interne, auprès de filiales du groupe La Banque postale, nous allons déployer notre solution d’Open Banking en France, puis nous élargirons au marché européen avec les adaptations nécessaires. Ceci dit, la loi Lagarde de 2010 sur le crédit à la consommation, applicable en France, est en réalité issue de la transposition d’une directive européenne, si bien qu’il existe un socle commun de règles à l’ensemble des pays membres nécessitant seulement quelques ajustements. Par exemple, le taux d’usure [taux maximum applicable fixé par la loi, NDLR] n’existe pas de la même manière en Europe. Notre outil est bien le socle d’une plate-forme paneuropéenne.

Les partenaires européens que nous ciblons peuvent être aussi bien des assureurs, des néo-banques, ou des acteurs pressés de se digitaliser et/ou dont le crédit conso n’est pas le métier principal. Le modèle partenarial de CNP assurances et ses implantations à l'international seront également un atout pour le développement de la plate-forme hors des frontières de l’Hexagone.

Votre approche se veut ouverte aux nouveaux usages. Qu’entendez-vous par là ?

Nous proposons une solution en totale adéquation avec les nouveaux usages digitaux, par exemple des processus zéro papier, la signature électronique, une interface web réactive dans le cadre d’une démarche omnicanale : autrement dit, le client peut au choix solliciter un crédit seul sur le site devant son écran d’ordinateur, ou par le biais d’un conseiller, ou encore via l’application mobile du partenaire.

Vous mettez à disposition de vos partenaires votre connaissance de quelque 5,5 millions de Français. Dans quel but ?

C’est en effet un choix fort que nous avons fait, et ce afin d’accélérer le processus d’accord de crédit. Ces personnes étant pré-scorées dans nos systèmes, un accord définitif pourra leur être donné en temps réel. Pour les autres, il interviendra à J+1 maximum, ce qui reste un fonctionnement extrêmement fluide.

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