Interview de la semaine

« Atlas souhaite plus que jamais soutenir l’emploi mais aussi renforcer son accompagnement en matière de recrutement »

Par Florent Bardet, journaliste - Le 22/04/2021

Cécile Vicaine, présidente d’Atlas

Céline Vicaine (CGT), secrétaire fédérale de la fédération CGT des sociétés d’études*, a été nommée présidente d’Atlas, l'OPCO des services financiers et du conseil, à l’occasion de son dernier conseil d’administration. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, elle revient sur l’année 2020 marquée par la crise sanitaire et la finalisation de la constitution de l’OPCO, et dévoile les grands axes à venir. Retrouvez l’integralité de cet entretien dans le n° 268  de La Tribune de l’assurance à paraître début mai.

Vous êtes depuis le 31 mars présidente d’Atlas après en avoir été la vice-présidente. Quel bilan tirez-vous de ces deux dernières années ?

Un dialogue paritaire régulier et positif nous a permis de construire l’OPCO des services financiers et du conseil autour d’enjeux et de perspectives communs, tout en respectant les diversités de nos branches. D’un point de vue très concret, les implications, nombreuses, sont allées du transfert de compétences avec les chambres consulaires et les régions sur la gestion de l’apprentissage, au déploiement d’une nouvelle offre de services en faveur de nos adhérents et de leurs salariés, en passant par un fort développement digital, notamment en termes de simplification administrative en lien avec l’ADN de nos activités et de nos métiers.

Quelle est votre ligne conductrice pour 2021 ?

2021 s’inscrit dans la continuité des grandes orientations et projets déployés depuis la création d’Atlas en 2019 et le lancement du plan de relance décidé en 2020 pour faire face à la crise sanitaire.

Au-delà de la crise, nous continuons un travail de fond en matière de prospective, d’innovation pédagogique et de promotion des métiers pour accompagner les entreprises, les salariés – sans oublier les jeunes et les publics fragilisés – à faire face aux mutations économiques et aux enjeux de recrutement et de formation de nos branches professionnelles.

Nous souhaitons plus que jamais soutenir l’emploi des salariés mais aussi renforcer l’accompagnement de l’OPCO en matière de recrutement. 2021 doit permettre aux entreprises, et par voie de conséquence aux salariés, de bénéficier plus facilement de notre accompagnement et de notre expertise sous toutes ses formes.

Qu’en est-il des observatoires déjà existants des quatre branches de l’assurance ?

Les observatoires permettent aux branches de disposer des informations et éclairages nécessaires au pilotage de leurs politiques emploi et formation, y compris en matière d'alternance. Atlas a maintenu et soutenu tout au long de l’année 2020 les travaux de prospective dont ceux des branches de l’Assurance. L’observatoire des sociétés d’assurance a poursuivi ses travaux sur l’analyse des impacts du digital et conduit un chantier sur la révision de sa nomenclature des métiers qui datait de 2012, en complément de ses études annuelles : portraits nationaux et régionaux des salariés et de la formation ainsi que le baromètre prospectif.

L’observatoire des sociétés d’assistance a publié un rapport, « Quelles compétences pour quels métiers demain ? », qui a permis d’apporter un éclairage sur les changements que devrait connaître le secteur au cours des prochaines années. Il va, en 2021, analyser les formations répondant le mieux au enjeux identifiés.

La branche courtage en assurance a, quant à elle, réalisé un état des lieux des principales mutations : identifier les métiers impactés et les certifications qui permettraient aux salariés présents dans les métiers sensibles d’envisager des mobilités professionnelles. Elle a aussi initié un projet d’analyse de la qualité de vie au travail (QVT).

Enfin, l’observatoire agents généraux d’assurance a lancé une étude sur « l’emploi et formation professionnelle 2020 au sein des agences générales d’assurance ».  

Outre les travaux inscrits dans le plan de travail de chaque observatoire, plusieurs projets associant les quatre branches professionnelles de l’assurance vont voir le jour prochainement : une analyse de l’impact de l’intelligence artificielle sur les organisations et les métiers, une identification des passerelles et mobilités professionnelles envisageables intra et inter branches, et une étude d’opportunité sur la création de nouvelles certifications sur le périmètre des quatre branches.

Comment espérez-vous toucher le public et notamment les plus jeunes ?

Nous lançons en 2021 trois nouveaux sites web qui regroupent par famille plusieurs branches professionnelles pour promouvoir les métiers et les formations, à l’image du site Concepteurs d’avenir créé en 2017 par la branche bureaux d’études. Les quatre branches de l’assurance – agents généraux d’assurance, courtage d’assurance et de réassurance, sociétés d’assurances, sociétés d’assistance – ont été les premières cette année à lancer le tout récent site Jassuremonfutur.fr qui reçoit un très bon accueil. Ces sites sont conçus pour informer les jeunes et les prescripteurs de formation, l’objectif global étant de donner un nouvel éclairage des métiers des services financiers et du conseil à travers le prisme de l’alternance.  

Quels messages entendez-vous faire passer via ces sites dont « j’assuremonfutur » ?

La volonté des branches est de proposer à la nouvelle génération une orientation professionnelle porteuse « plus rassurante » en termes de débouchés et de perspectives, ce qui nous le savons est l’une des forces de la plupart des métiers de nos branches.

Nous souhaitons aussi faire découvrir ou redécouvrir des métiers qui ont fait l’objet d’évolutions significatives au sein de branches engagées en faveur de la responsabilité sociétale.  Il nous faut pour cela parfois déconstruire les idées reçues et favoriser dans tous les cas le partage entre jeunes, enseignants et professionnels.

Menez-vous des actions mutualisées entre branches ?

Il en existe plusieurs dans les domaines de la prospective et de la promotion des métiers notamment : l’observatoire de l’alternance et les sites internet pour les jeunes déjà évoqués.

En 2021, nous espérons – si le contexte sanitaire le permet – susciter la participation commune des quinze branches professionnelles à des événements d’envergure, à l’exemple du Salon européen de l’éducation. La campagne digitale « Avec Atlas je trace », qui enregistre à ce jour près de 4 millions de vues, est prolongée. Elle est portée par des témoignages de jeunes, de tous âges et de tous horizons, qui ont fait le choix de l’alternance dans leur parcours académique au sein des secteurs financiers et du conseil.

Comment toucher les actifs les plus éloignés de l’emploi ?

C’est l’une de nos préoccupations majeures. Nous voulons diversifier les candidatures, particulièrement celles des catégories sociales les plus éloignées de l'espoir de décrocher un emploi, et des personnes en situation de handicap. A cet effet, nous souhaitons élargir notre offre Cojobing en l’ouvrant à un public plus diversifié.

Cela passe aussi par la promotion de dispositifs comme Prépa apprentissage et le développement de partenariats avec les acteurs de l’inclusion professionnelle.

La Préparation opérationnelle à l’emploi, collective, individuelle, que nous soutenons activement, permet également de former des demandeurs d’emplois sur des compétences rares, recherchées par les entreprises. En 2020, en partenariat avec Pole emploi, nous avons organisé 108 sessions sur l’ensemble du territoire qui ont bénéficié à 1 422 stagiaires. 

La digitalisation des services et la simplification administrative font partie des enjeux 2021. Quelles actions allez-vous engager en ce sens ? 

Nous sommes en train de fluidifier nos relations avec les CFA, avec le déploiement d’un service dédié pour la transmission des contrats, ainsi que la génération de pro-forma. En 2021, nous poursuivons ce processus de simplification, dématérialisation et amélioration du suivi en direction des CFA grâce au déploiement de la plate-forme de facturation. 

De plus, nous nous focalisons sur les entreprises : notre nouvelle interface MyAtlas facilite la transmission des contrats et intègre de nouveaux services, comme le simulateur Atlas pour calculer le coût restant à l’entreprise.

Nous devons accompagner les salariés et les entreprises dans la transition digitale, les aider à accroître encore leurs compétences, à devenir plus performants. C’est le défi majeur qui est posé aujourd’hui. Et un challenge très stimulant.

* branche des experts-comptables, bureaux d’études, prestataires de services et professions juridiques

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