Interview de la semaine

« Acheel vise 100 000 assurés en 2023 »

Par Stéphane Tufféry, rédacteur en chef - Le 15/07/2021

Francky Defossé et Ralph Ruimy, Acheel

Rencontre avec les cofondateurs d’Acheel, la dernière compagnie mixte à avoir été agréée sur le marché français. Vision stratégique et ambitions des deux geeks tout juste débarqués dans le secteur.

Quels sont vos parcours respectifs ?

Ralph Ruimy : J’ai longtemps évolué dans l’assurance, d’abord comme agent général puis chez Empruntis notamment avant de fonder en 2008 le comparateur MisterAssur. Lequel s’est rapidement développé et comptait 45 porteurs de risques du particulier dès 2010. J’ai cédé MisterAssur à Blackfin en 2012 et j’ai quitté le monde de l’assurance pour basculer dans celui du marketing digital. Mais j’étais familier de la technique assurantielle et des problématiques digitales propres au secteur, celles des leads et de leur monétisation comme celles de la technologie informatique nécessaire à l’interopérabilité des SI assureurs/comparateurs.

Quand par hasard, j’ai replongé en 2019 dans l’assurance, j’ai constaté que rien n’avait véritablement changé en dix ans et j’ai considéré qu’il y avait encore de la place pour innover dans le parcours client et l’offre de services à l’assuré. J’ai rencontré Francky début 2020 grâce à Jean de la Rochebrochard qui gère Kima Ventures (le fonds d’investissements de Xavier Niel).

Francky Defossé : En ce qui me concerne, je ne connaissais pas l’assurance, mais à 34 ans j’ai déjà une longue expérience de l’entrepreneuriat sur le Web. J’ai notamment développé une start-up spécialisée dans la génération de prospects sur Internet. 

Quelle est la genèse d’Acheel ?

Ralph : Francky est un professionnel du marketing digital et moi de l’assurance, notre association s’est nouée très vite. Nous étions d’accord sur le fait que les systèmes d'information du secteur sont vieillissants et pouvaient facilement être challengés, nous savions d’emblée où nous voulions aller : proposer une expérience client différente. Spontanément, je n’ai pas songé à le faire en créant ex nihilo une compagnie d’assurance. Pour un ancien agent général mandaté par son assureur, cela semble un peu hors de portée et j’envisageais plutôt de créer une structure de courtage. Mais Francky n’avait pas ces a priori, ni même conscience, au tout début, du parcours qui nous attendait pour faire agréer Acheel ; il a considéré tout de suite que la réussite du projet passait par la création d’une société d’assurance et nous nous sommes associés début 2020 avec cet objectif.

Francky : Au lendemain de notre association, le premier confinement est arrivé. C’était à la fois très compliqué mais aussi un moment où le projet s’est vraiment concrétisé avec la fabrication des produits, la constitution du dossier d’agrément, la détermination des fonctions clés, etc. On a déposé le dossier d’agrément à l’ACPR le 5 décembre, reçu l’agrément le 21 avril et on opère depuis le 18 mai.

Ralph : En un an, on a créé une compagnie mixte.

Comment êtes-vous parvenus à lever 29 M€ pour Acheel ?

Francky : Notre principal investisseur est Xavier Niel, c’est une bonne carte de visite, et cela en a incité d’autres à participer à la levée de fonds pour un total de 29 M€ dont une bonne partie pour les fonds propres. Nous n’avons pas d’assureur au tour de table.

Ralph : Cela a crédibilisé notre démarche aux yeux des investisseurs. 

Quelles sont les branches pour lesquelles vous êtes agréés et Acheel porte-t-elle tous les risques de vos contrats ?

Ralph : Les branches des assurances de personnes 1, 2 et 3 et celles du dommage 8, 9 et 13. On distribue 19 contrats santé, deux offres de santé animale, de la multirisque habitation... Au total 24 produits différents tous assurés par la compagnie. Bien entendu, on n’exclut pas de fabriquer des produits qu’on ferait porter par des partenaires (ré)assureurs, je pense notamment aux risques lourds de l’auto, du deux-roues ou de l’emprunteur qui sont exigeants en termes de fonds propres.

Quelle est la promesse marketing d’Acheel ?

Francky : Nos produits doivent d’abord être bien positionnés sur le plan tarifaire et c’est le cas puisque les benchmarks réalisés sur trois produits de la gamme montrent qu’Acheel est 10 à 15 % moins cher que la concurrence à garanties comparables.

Mais l’essentiel de notre promesse faite à notre cœur de cible des 25-45 ans porte sur l’expérience utilisateur qu’on veut toujours plus fluide, facile, full digital, réactive et transparente. Concrètement, cela signifie que chaque garantie est modulable et tarifée, c’est l’assuré qui fait son choix sur la base du prix et du détail des garanties, toujours accessibles et clairement exprimés. De la même manière, la résiliation à tout moment est la règle de notre offre habitation.

Quelles sont vos ambitions ?

Francky : Nous visons 100 000 assurés dans les vingt-quatre mois et nous souhaitons décliner notre modèle à l’international, en particulier sur certains marchés européens.

A lire aussi

Interview de la semaine

« Dans notre écosystème, nos concurrents peuvent être nos partenaires et, a minima, des sources d’inspiration »

Sébastien Limousin, directeur de la distribution et du digital d'April Le dirigeant revient sur l'importance accordée aux FinTech dans le groupe April et leur rôle dans l'assu...

> Lire la suite

Interview de la semaine

« Les adhérents du SNSA ont été exemplaires depuis le début de la crise »

Serge Morelli, président du SNSA Serge Morelli, président du Syndicat national des sociétés d’assistance (SNSA) depuis janvier, expose sa feuille de route et revient sur le bi...

> Lire la suite

Interview de la semaine

« Nous n’avons aucune visibilité sur l’orientation que va donner le marché cyber coté assureurs »

Yves Fournier, directeur de clientèle chez Verspieren Le courtier revient dans cet entretien sur le contexte de souscription du risque cyber et dévoile la stratégie du groupe...

> Lire la suite