L'œil du gérant

Des stratégies de placement adaptées au marché monétaire et obligataire court terme

Par Philippe Renaudin, responsable de la gestion monétaire, BNP Paribas Asset Management (BNPP AM), et Arnaud-Guilhem Lamy, responsable des stratégies obligataires euro souverain et aggregate, BNP Paribas Asset Management (BNPP AM) - Le 17/10/2018 - Magazine n° 239

Le marché du crédit et le marché obligataire sont impactés par des turbulences de différentes natures. Revue de détail.

Philippe Renaudin, à gauche, et Arnaud-Guilhem Lamy
Philippe Renaudin, à gauche, et Arnaud-Guilhem Lamy

Les marchés monétaires ont connu depuis le début d’année des rythmes et des évolutions très différents : la BCE prépare le marché à la fin de son programme d’achat (QE) et à une première hausse des taux éventuelle pour la fin de l’été 2019. Quant à la Réserve fédérale (Fed) et la Banque d’Angleterre, elles ont augmenté les taux USD et GBP de respectivement + 0,50 % (sans compter une troisième hausse éventuelle) et + 0,25 %.

Pas d’impact défavorable

Sur l’euro, le maintien de taux d’intérêt négatifs n’a pas eu d’impact défavorable sur les encours des fonds monétaires français (+11,3 Md€ de collecte YtD à fin juillet). Au cours du 1er semestre, les banques de la zone euro ont commencé à préparer l’après QE et les éventuels impacts de la réforme des fonds monétaires (MMFR) qui va contraindre les gérants à accroître les poches de liquidité et la diversification, ces deux facteurs pouvant à terme peser sur le coût du funding à un an. En conséquence, les banques ont progressivement remonté leur spread de taux à l’émission, passant de 5 à 15 pb en moyenne par rapport à l’Eonia. Les turbulences sur le marché du crédit, notamment du fait du risque politique italien, ont peu impacté les performances des fonds monétaires sur le 2e trimestre. à titre d’illustration, le fonds BNP Paribas Money 3M offre un rendement annualisé YtD de - 0,28 % (soit Eonia + 8 bp) à fin août 2018, ce qui lui permet de collecter plus de 4,1 Md€ sur la période.

Le marché obligataire, lui, va devoir s’habituer à la fin de l’expansion des bilans des banques centrales : la FED a déjà entamé la réduction de la taille de son bilan, le Japon a ralenti ses achats de titres, la BCE stoppera les achats nets d’obligations d’ici la fin de l’année. 

Plus de volatilité

Les taux longs devraient être impactés par cette conjonction et par l’augmentation de l’offre via la hausse du déficit américain. En zone euro, la BCE ne devrait pas augmenter ses taux avant septembre 2019. Les obligations inférieures à deux ans restent protégées par cette longue forward guidance de la BCE.

Cependant, les récentes turbulences politiques en Italie ont largement augmenté la volatilité sur ces obligations. Les discussions entre le gouvernement italien et la Commission européenne sur le déficit vont continuer à alimenter la volatilité qui apporte aussi une opportunité sur la partie très courte de la courbe avec des rendements de nouveau attractifs.

Sur le marché des obligations d’entreprises, les nouvelles émissions ont repris en force à la fin de l’été mais les émetteurs continuent à se focaliser sur les maturités supérieures à cinq ans, limitant ainsi l’impact sur les spreads des maturités courtes.

Dans ce contexte de marché, les fonds obligataires court terme restent donc attractifs selon nous, car moins impactés par une potentielle hausse des rendements à venir. Par exemple, BNP Paribas Cash Equivalent dispose d’un rendement de 0,24 %* (pondéré par les actifs au 30 août pour une volatilité inférieure à 0,50 %).  Les encours de ce fonds ont progressé de 17 % YtD à fin août 2018. 

QE : Quantitative Easing

YtD : Year to Date

MMFR : Money Market Fund Regulation

pb : point de base

* Yield to maturity, part I, performance brute de frais en euros au 30 août 2018, source BNP Paribas Asset Management.

Performance nette de frais de la part I à un an - 0,42 %. La gestion du fonds ayant changé depuis le 23 août 2017, l’historique de performance se limite à un an. Avertissement : les investissements dans les fonds sont sujets aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements dans des titres financiers. La valeur des investissements et le revenu qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que l’investisseur ne récupère pas le montant initial de son investissement, les fonds décrits présentant un risque de perte de capital. Pour une description complète des fonds, veuillez consulter les derniers prospectus disponibles et les DICI des fonds.

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