Entretien

« Intériale est devenue la mutuelle aux sept ministères »

Par Louis Johen, journaliste - Le 02/11/2018 - Magazine n° 240

Nicolas Sarkadi, directeur général du groupe Intériale

Mutuelle historique du ministère de l'Intérieur, Intériale a profité de la deuxième vague de référencement dans la fonction publique d’État pour étendre son périmètre d'intervention. Nicolas Sarkadi, directeur général du groupe, revient sur ces changements et évoque les perspectives de développement sur les marchés chahutés de la protection sociale (retrouvez l'intégralité de cet entretien dans le n° 240 de La Tribune de l'assurance à paraître début novembre).

Intériale a connu il y a quelques jours un changement de président. Cela augure-t-il votre départ ou d’autres évolutions dans la stratégie de la mutuelle ?

Les administrateurs ont en effet fait le choix d’élire à l’unanimité Gilles Bachelier, qui était vice-président, à la présidence de la mutuelle. Ils ont également choisi de me renouveler leur confiance ainsi qu’à toutes les équipes opérationnelles en place pour fidéliser nos adhérents et accompagner les succès rencontrés cette année lors des référencements dans la fonction publique. Depuis mon arrivée, il y a sept ans à Interiale, j’ai eu de nombreuses occasions de collaborer étroitement avec Gilles Bachelier et nous avons un plaisir réciproque à travailler ensemble.

Quel bilan tirez-vous de la deuxième vague de référencement dans la fonction publique ?

Tout a changé pour Intériale en 2018. Avec les nouveaux référencements, nous sommes devenus la mutuelle aux sept ministères. En plus de notre positionnement natif sur le ministère de l'Intérieur et notre activité également historique dans la fonction publique territoriale, nous avons, en moins de six mois, obtenu le ministère de la Justice, où nous sommes la seule mutuelle référencée, le ministère des Armées et le ministère de l'éducation nationale qui englobe également les référencements des ministères de l'Enseignement supérieur, de la Culture et des Sports. Notre périmètre d’intervention sur la fonction publique d’État devient donc très différent. D'un potentiel de départ de 188 000 fonctionnaires sur le ministère de l'Intérieur, nous avons maintenant devant nous un champ prospectif de plus de 2 millions d’agents et leurs familles. Tout reste à faire car il faut maintenant aller chercher les contrats individuellement mais nous sommes d'autant plus contents que rien n'était gagné d'avance face aux tentatives de déstabilisation des mutuelles historiques qui se sont battues contre le changement et contre le pluralisme d’opérateurs.

On assiste à une recomposition du paysage mutualiste, qu'il s'agisse de regroupements entre mutuelles santé, de rapprochement avec des groupes paritaires et mutuelles d'assurance, ou même d'alliance avec des sociétés d'assurance. Intériale a d'ailleurs fait le choix d'une alliance stratégique avec Axa qui a beaucoup fait parler.

Soyons sérieux et arrêtons de diaboliser l'association entre Intériale et Axa ! J'ai entendu beaucoup de leçons de morale sur le thème « vous vous êtes mariés avec le diable ». Quelle hypocrisie quand on sait que le secteur des opérateurs de l'économie sociale confie à Axa 40 % de sa réassurance ! Il faut aussi recadrer les débats : sur l’ensemble des référencements auxquels nous avons répondu, seul celui sur le ministère de l'éducation nationale est concerné par ce partenariat. Et pour cause ! Intériale ne pouvait pas s'occuper seule des 1,3 million d’enseignants répartis sur 76 000 établissements et des 870 000 retraités qui eux aussi ont droit à la liberté de choix d’une bonne mutuelle. Nous avons besoin pour cela du professionnalisme, de la puissance financière et du maillage territorial d'Axa.

A lire aussi

Interview de la semaine

« Le courtage d’assurance n’est plus la chasse gardée des fonds spécialistes »

David Salabi, associé et fondateur de Cambon PartnersLe spécialiste des opérations de fusion-acquisition et des levées de fonds fait le point sur son activité et sur les persp...

> Lire la suite

Interview de la semaine

« Sans le régime Cat Nat, rester aux Antilles serait difficile pour un assureur »

Jean-Louis Charluteau, directeur de la réassurance et risques naturels et du pilotage des projets techniques chez Generali FranceJean-Louis Charluteau fait le bilan des indemn...

> Lire la suite

Interview de la semaine

« L’agilité est une lame de fond dans l’assurance »

Maël Kerroux, associé Amnis ConsultingCoauteur de l’étude « L’agilité : de l’ambition à la concrétisation », Maël Kerroux expose les grandes tendances à l’œuvre dans le secteu...

> Lire la suite