Bilan

Morne plaine sur le front de l’emploi

Par Florent Bardet, journaliste - Le 19/10/2018

Avec 146 800 salariés en 2017, l'effectif de la branche est resté stable (+ 0,1 %), souligne le rapport 2018 de l'Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance, présenté mardi 16 octobre. La proportion des cadres comme des femmes a poursuivi sa progression, tandis que près 80 % des salariés ont bénéficié d'une formation et que le nombre d'alternants a fortement progressé avec 5 400 contrats.

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« En 2017, l'emploi a augmenté de 0,1 % dans le secteur, ce résultat est le solde des embauches qui étaient toujours en progression et des départs moins nombreux que ces dernières années », souligne Michel Paillet, chargé de mission pour l'Observatoire de l'évolution des métiers de l'assurance (OEMA), mardi 16 octobre, à l'occasion de la présentation des rapports 2018 sur les métiers et les formations dans la branche en 2017. Une situation qui s'explique par le fait que l'impact des baby-boomers sur la pyramide des âges s'estompe, même si avec 14 386 recrutements, la branche a connu en 2017 son plus fort volume d'embauche depuis vingt ans.

Globalement, le nombre de CDI a augmenté (+ 5,5 %) pour la troisième année consécutive, en dépit du tassement de l'effet baby-boom, et de l'allongement de la durée de vie professionnelle. « Par ailleurs, derrière la moyenne, il y a une réalité contrastée car l'emploi a augmenté dans le secteur de la gestion et maîtrise des risques, mais il a baissé dans celui de la gestion des actifs et du patrimoine immobilier », poursuit Michel Paillet.

Forte hausse de l'alternance

Dans les tendances marquantes en 2017, il faut noter une progression importante des embauches d'alternants, avec plus de 5 400 contrats d'apprentissage ou de professionnalisation, contre 4 962 en 2016. Ces contrats représentaient en 2017 26,2 % des embauches de la branche, respectivement 8,5 % pour les contrats d'apprentissages et 17,7 % pour ceux de professionnalisation. L'alternance se banalise à tous les niveaux de qualification, 28,9 % d’entre eux ont signé un contrat avec le niveau bac, 26,9 % un niveau bac + 2, 30,9 % au niveau licence, et 12,1 % un niveau master 2 contre moins de 3 % en 2007.

Plus globalement, 8 recrutements sur 10 se sont faits au minimum au niveau bac +2 avec une proportion en constante progression des niveaux bac +3 et master 2. « Les familles de métiers dont l’effectif enregistre la plus forte croissance sont la gestion et maîtrise des risques internes (+8,9 %), la communication (+ 5,5 %) et le marketing (+ 4,5 %). A l’autre extrême du classement, la logistique (- 3,5 %) et le support administratif (- 5,5 %) poursuivent leur tassement », souligne l'Observatoire.

« En 2017, la mobilité externe augmente, cette évolution concerne presque toutes les familles de métiers. En revanche, la mobilité interne a connu un recul très important de - 45 % que l'on retrouve sur l'ensemble des familles de métiers », poursuit Michel Paillet.

La proportion de femmes dans les effectifs de la branche a poursuivi sa progression en 2017 et culminait à 60,3 %, tandis qu'avec le recul de l'âge de la retraite, celle des salariés de moins de 30 ans a baissé de - 0,2 points, pour s'établir à 13,8 %, contre 17,9 % pour les seniors. Le pourcentage des cadres n'avait pas encore dépassé le seuil symbolique de 50 % en 2017, mais s'établissait à 48,5 %.

80 % de salariés formés

De son côté, le rapport dédié aux politiques de formation dans la branche en 2017 est notamment marqué par la montée en puissance du CPF qui, depuis le premier janvier 2015, a remplacé le DIF. Avec une progression de 50 % des bénéficiaires dont le nombre avoisine 1 500, ce dispositif activé à l'initiative du salarié, mais qui peut faire l'objet d'un co-investissement avec l'entreprise, a donc débuté sa démocratisation dans la branche l'an dernier.

En très légère baisse, - 0,6 points, le taux d'accès à la formation se stabilisait à près de 80 %, soit un taux qui est pratiquement deux fois supérieur à la moyenne nationale. La durée moyenne des cursus était de 31,3 heures, toutefois les cursus courts sont désormais très largement majoritaires. Ainsi, la part des formations d'une heure et moins a augmenté de 13 points et s'élevait à 34,2 %, contre 8,5 % dix ans plus tôt.

Cette progression s'explique notamment par l'essor des formations à distance, qui ont tendance à prendre le pas sur les cursus classiques en présentiel. Leur durée est difficilement quantifiable, dans la mesure où elle est tributaire de la capacité du bénéficiaire à se réapproprier son contenu. La proportion des cursus d'une journée s'élevait à 41,5 % et ceux de plus d'une semaine représentaient moins de 3 % des formations financées.

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