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« Nous avons pour objectif une intégration 100% de nos critères ESG dans l’intégralité de nos gestions »

Par Stanislas Pottier, directeur de l’investissement responsable, Thierry Roncalli, responsable de la recherche quantitative, Amundi - Le 18/03/2019

Une étude d’Amundi démontre l’impact positif de l’analyse ESG (environnement, social, gouvernance) sur la performance du portefeuille.

photos © Eric Nocher
photos © Eric Nocher

L’investissement responsable (ou IR) ne cesse de gagner du terrain dans la gestion d'actifs, grâce à des acteurs de la finance comme Amundi qui en fut l’un des pionniers.

Cette volonté de mener des investissements tenant compte de critères financiers et extra-financiers ou ESG (environnementaux sociaux et de gouvernance) permet de conjuguer performance financière et impact environnemental et social. Cette conquête implique une révolution culturelle, comme l’expliquent chez Amundi Stanislas Pottier, directeur de l’investissement responsable et membre du comité exécutif, et Thierry Roncalli, responsable de la recherche quantitative.

La diffusion de cette finance équitable auprès du grand public, via des fonds IR (investissement responsable), est à ce prix, même si cela accroît la pression sur les gérants d'Amundi. Mieux vaut, insistent-ils, poursuivre un dialogue et encourager l'adoption de bonnes pratiques, plutôt que rejeter des valeurs cotées conscientes de la nécessité de changer du tout au tout leur business model.

L’IR se limite-t-il à la lutte contre le réchauffement climatique ? Se fait-il au détriment des rendements ?

Stanislas Pottier : Non. Il concerne aussi les bonnes pratiques sociales et de gouvernance des sociétés, sans oublier leur éthique.

Thierry Roncalli : Amundi a mené deux études scientifiques analysant le rapport entre la performance financière et l’intégration ESG. La première entre 2010 et 2013, la seconde entre 2014 et 2017. Cette deuxième étude scientifique quantitative confirme que l’intégration ESG génère un impact tangible sur la performance des actions en Europe et en Amérique du Nord et que le filtrage ESG a influencé la performance des marchés boursiers, en particulier depuis 2014. Soutenir une approche ESG permet aux investisseurs de bénéficier d’une stratégie d’investissement qui améliore la performance des portefeuilles.

L’étude démontre notamment les variations de l’intégration ESG d’une région à l’autre. Si de l'autre côté de l’Atlantique, les opinions publiques sont très sensibles au pilier gouvernance, l'essentiel des entreprises cotées évolue vers le pilier environnement. A l'inverse, les valeurs européennes penchent vers la gouvernance avec des citoyens européens très sensibles à l'environnement. Les critères de l'investissement responsable sont devenus un biais de discrimination des valeurs dans la construction des portefeuilles.

Notations financières et ESG sont-elles compatibles ?

S.P. : Oui elles le sont. D'abord parce qu’Amundi, dès sa création, a fortement contribué à la naissance de ce marché, avec un positionnement fort sur l’IR. Aujourd'hui nous conjuguons notations financières et ESG parce qu'elles se complètent : la première livrera le bilan de santé d'une société, les critères ESG révéleront les risques et opportunités sur ses activités futures. La notation ESG nous offre une vision plus large, parce que plus prospective. Elles ne sont donc pas contradictoires, mais complémentaires pour appréhender non seulement les risques et opportunités des entreprises, mais aussi leur écosystème.

Voilà pourquoi nous souhaitons intégrer nos critères ESG à toute notre gestion. Il y a de réels enjeux culturels, techniques et financiers derrière l’ajout de ces notes à la grille d’analyse de nos gérants. Ces critères permettent de répondre à la demande croissante des investisseurs, qui ont pris conscience ces dernières années de leur responsabilité vis-à-vis de la société en tant qu’actionnaires.

T.R. : Imaginons par exemple que l'on souhaite appréhender l'impact d'une taxe carbone sur un secteur. L'analyse financière ne nous révélera rien, la grille ESG montrera à nos gérants les sociétés les plus exposées à ce scénario, et lesquelles revaloriser, ou non, pour mieux construire les portefeuilles.

L'absence de normes ESG universelles ne constitue-t-elle pas un frein au développement de l’investissement responsable ?

S.P. : Cela n'a pas empêché l'investissement autour des thématiques ESG de s’épanouir auprès des investisseurs institutionnels. Cette absence de standards devient un handicap lorsqu'il s'agit de proposer ces placements aux particuliers. Surtout lorsque les mêmes concepts se retrouvent sous des vocables différents. Cela implique de la prudence car il n'est pas évident de répondre simplement aux demandes des particuliers quant à l'emploi de leur épargne, son fléchage, son impact sur la transition vers un modèle plus durable.

Le défi se simplifie quand on peut démontrer quelle entreprise ou quel secteur figure parmi ceux qui bénéficieront le plus de cette transition. Mais il faut pouvoir compter sur des outils de reporting précis pour montrer ce qui a été fait et comment. Des données financières seules ne suffisent pas. Le développement de l’investissement responsable doit être transparent, avec des produits et des services adaptés aux demandes des investisseurs.

T.R. : L’industrie des ratings ESG ressemble à l’industrie des ratings de crédit au début des années 80, caractérisée par beaucoup d'agences et autant de grilles d’évaluation. La consolidation s'est produite au fil des ans avec des regroupements entre acteurs et une uniformisation des notations. L’investissement responsable connaîtra la même convergence souhaitable : si les corrélations entre les ratings de crédit sont de plus ou moins 70 %, elles tournent autour de 40 % sur l’évaluation extra-financière.

S.P. : J'ajouterai que l'analyse ESG traite une gigantesque masse de données hétérogènes et peu normées quand l’analyse crédit, elle, travaille sur de la data homogène et standardisée. Mais les lignes bougent : les entreprises s'emparent de plus en plus de ces critères ESG, la régulation et la standardisation progressent.

L’investissement responsable peut-il concerner toute la gestion d'actifs ?

S.P. : Elle va concerner tous nos fonds, sauf de rares exceptions. Tout en appliquant notre analyse et notation ESG à 100 % de nos processus de gestion, Amundi continuera d'innover avec des solutions spécifiques, que ce soit en gestion active ou passive, et en co-construction avec ses clients Amundi, ayant une organisation relativement centralisée, la diffusion de cette culture ESG auprès de nos gérants est facilitée.

De plus en plus de gérants renoncent à investir dans les jeux, le tabac et autres vices, vos exclusions sont-elles généralisées à toutes ces sociétés sans exception ?

S.P. : Chez Amundi, les exclusions de valeurs sont l'exception mais s'imposent à toutes les gestions. Il s'agit d'une logique positive avec des exclusions bien circonscrites.

Amundi privilégie les valeurs Best in Class aux exclusions, afin de peser davantage sur elles. Et de conserver un pouvoir de négociation dont nous nous priverions si nous excluions ces sociétés. Prenez l'exemple du tabac : sa consommation n’est pas interdite, ce secteur emploie beaucoup de salariés mais de très gros risques pèsent sur ses revenus futurs. Nous maintenons une pression sur le secteur avec une note ESG plafonnée qui entraîne une sous-pondération dans nos gestions et une pression sur ces entreprises, mais qui laisse aussi le temps nécessaire à des transformations et mutations de modèles économiques majeures.

T.R. : Pour compléter les propos de Stanislas, s'agissant des armes, des jeux ou de la pornographie, il faut se méfier des fantasmes : si leurs performances étaient vraiment supérieures, nous l’aurions vu et depuis longtemps ! Rien dans les chiffres ne le démontre. Ce sont des secteurs controversés de longue date et que le marché ne privilégie pas pour des raisons éthiques et morales.

Lorsque vous excluez une valeur, ne risquez-vous pas de radicaliser leurs dirigeants et leurs salariés ?

S.P. : Comme je vous le disais, Amundi est dans une logique positive et de non stigmatisation. L'impact de nos préconisations est plus fort si nous négocions avec les entreprises pour les sensibiliser aux risques liés à leur activité. La discussion et la négociation prime toujours sur l'exclusion. Dans le même temps, les entreprises sont devenues plus sensibles à l'opinion de leurs actionnaires, de leurs clients, de la société civile. Elles n'acceptent plus le moindre risque de stigmatisation de leurs marques. On le voit bien au moment des assemblées générales : ce sont des moments forts où le dialogue se cristallise puisque toutes les résolutions sont désormais passées au filtre des critères ESG.

Beaucoup de dirigeants viennent nous voir avant pour s'assurer que leur entreprise est « dans les clous ». Il y a là une dynamique qui alimente le dialogue. Une entreprise ne peut plus ignorer la logique d’investissement responsable car c’est aujourd’hui devenu la norme auprès des investisseurs institutionnels. L’impact de ces investisseurs est considérable aussi bien sur la valorisation des sociétés, le coût du capital qu'elles empruntent ou les spreads de leurs obligations. Elles ne peuvent s’en tenir à l’écart. L'essor des green bonds le montre : je pense à une société dont l'activité n’était que très peu impactée par les critères ESG parce que non polluante. En émettant un green bond au lieu d'une obligation classique, elle a ainsi élargi son pool de financeurs avec des investisseurs qu'elle n'aurait jamais pu rencontrer sans cela.

Qu'est-ce qui vous garantit qu'une entreprise « responsable » le restera ? Vos sanctions sont-elles définitives ?

S.P. : Le comité de notation ESG d'Amundi se réunit tous les mois pour surveiller les notes et valider, le cas échéant, les changements importants ou trancher entre différentes options. Nos gérants ont trois mois pour transcrire les décisions d’exclusion dans leurs gestions. Une actualisation des notes a lieu tous les mois. Mais si un événement survient, nous pouvons réviser une notation. Une notation dégradée par Amundi n'est jamais définitive. Ni une exclusion : nous poursuivons le dialogue même quand une entreprise sort de nos portefeuilles.

Ne vaut-il mieux pas inciter des entreprises à améliorer leurs pratiques en leur fixant des échéances ?

S.P. : Encore une fois, la logique d'Amundi privilégie la discussion à l'exclusion, et encourage l'adoption de bonnes pratiques ESG. Cela ne passe pas forcément par des objectifs précis. Cela dit, il faut parfois manier le bâton et prendre des décisions d'exclusion si nous ne constatons aucune amélioration. Nous nous posons toujours la question de notre légitimité à mal noter une entreprise. Nous ne procédons pas à une exclusion sans un échange préalable avec l'entreprise visée. Nous ne prônons jamais la rupture du dialogue.

Pour plus d’informations sur la politique ESG d’Amundi, cliquez ici.


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