Interview de la semaine

«La multispécialité d'Axa France est le gage d'apporter la plus grande plus-value à ses clients»

Par Marie-Caroline Carrère, journaliste, Stéphane Tufféry, rédacteur en chef - Le 06/06/2019

Jacques de Peretti, le PDG d'Axa France, veut faire de la compagnie un assureur multispécialiste et concentre ses efforts et celui de ses réseaux propriétaires sur la santé, la prévoyance et l'IARD professionnels et entreprises (retrouvez la suite de cet entretien dans le numéro 247 de La Tribune de l'assurance, daté juin 2019).

Pourquoi privilégier la notion d'assureur multispécialiste plutôt que généraliste ?

Tout d'abord, nous avons fait une revue de portefeuille de l'ensemble de nos activités et l'ensemble contribue au développement de nos opérations de manière équitable et proportionnée. Toutes nos activités contribuent aux résultats de l'entreprise. L'autre ambition derrière la multispécialité d'Axa France est d'être l'assureur qui apporte la plus grande plus-value à ses clients. C'est tout le sujet de la spécialisation des équipes, de la spécificité des outils, et de la concentration de nos efforts sur certaines branches.

Nous étions organisés par réseaux, nous sommes désormais organisés par lignes de métiers pour renforcer notre expertise et notre compétitivité.

Les branches que vous développez sont-elles rentables ?

Si vous prenez les ratios combinés sur ces branches-là [IARD entreprises ; santé et prévoyance, NDLR], ils sont bien orientés. Sur la branche IARD, le ratio combiné cette année s'établit à 92,3 % (en baisse de 2,3 %), en prévoyance, il s'établit à 95 % (en baisse de 0,6 point) et pour la santé à 97,9 % (en baisse de 0,8 point). Ces secteurs sont prioritaires.

Nous ciblons des secteurs porteurs en plein développement sur lesquels nous pouvons faire une différence notable. Deux ans après les avoir ciblés, il est intéressant de noter que ce sont les activités qui progressent le plus et restent extrêmement rentables.

Pourquoi sommes-nous capables de croître sur ces secteurs ? Simplement parce que nous avons une compétitivité liée à notre taille et au fait que nos dépenses sont très modérées. En IARD entreprise, nos expenses sont parmi les plus faibles du marché avec un taux de chargement de 28 % ou 29 %. Nous avons les outils, les formations et l'industrialisation qui font que nous sommes très compétitifs, c'est la même chose pour la santé.

Suite aux défaillances successives d'assureurs construction en LPS, pourquoi Axa France s'est-il positionné pour reprendre des assurés ?

Les équipes assurance construction d'Axa jouent depuis vingt ans un rôle important sur le marché français de la construction. En la matière, nous avons développé une expertise spécifique avec des ingénieurs de la construction, des souscripteurs, des outils informatiques… Nous avons atteint un bon niveau de compétence et d'expertise sur cette spécialité.

La disparition d'acteurs en LPS déstabilise les clients qui se retrouvent sans assurance alors même qu'ils avaient réglé leurs cotisations. Cette situation montre également les failles de notre réglementation et de notre contrôle prudentiel, elle crée aussi des difficultés pour les assureurs en place.

Au total, 100 000 entrepreneurs de la construction se retrouvent sans assurance sur des chantiers en cours. Nous avions comme tous les acteurs de la place intérêt à corriger cette situation. Nous l'avons fait avec d'autres en proposant à ces clients de reprendre une partie de leurs garanties, pour la bonne fin de leurs opérations.

Cette expérience a mis au jour une faille du contrôle prudentiel : quatre sociétés qui quittent successivement le marché en laissant les clients démunis, c'est quand même un souci. Le vrai sujet est celui de la supranationalité du contrôle.

Selon moi, il serait souhaitable que sur certaines branches spécifiques comme la construction l'autorité de contrôle du pays d'origine se fasse aider par l'autorité locale. Je pense que le contrôle coordonné de l'autorité d'origine de la société intervenante et de l'autorité du marché local est indispensable. On ne peut pas reproduire cela indéfiniment, c'est un sujet qui nuit aux clients, qui nuit à l'image de l'assurance mais aussi à l'activité économique.

Est-ce que le réseau d'agents a performé comme vous le vouliez ? Le modèle A2P est-il toujours aussi viable que par le passé ?

Tous nos réseaux sont au rendez-vous de nos attentes. Le réseaux A2P est positionné sur les Affluent et sur les professions libérales, bien installé en prévoyance et en épargne retraite, et en pleine croissance. Je souhaite le porter à 1 500 agents A2P en 2023.

Quant aux agents généraux, c'est un réseau que nous souhaitons maintenir à l'étiage, c'est pour cela que nous allons doubler le nombre de recrutements de nos agents cette année pour faire face aux départs à la retraite.

Où en est Axa banque aujourd'hui ?

Axa banque est le seul bancassureur en croissance de 20 à 30 000 nouveaux clients chaque année. Elle est en train de voir son taux de pénétration augmenter. Axa France compte 6 millions de clients, il y a encore du chemin mais c'est une banque dont la qualité de service est saluée par toutes les études. Elle est particulièrement innovante et compétitive en termes d'offres.

Notre banque est disponible chez environ 600 de nos agents, l'objectif est petit à petit d'irriguer l'ensemble du réseau. Pour cela, il faut accompagner le changement pour que l'agence soit pleinement en capacité d'offrir l'ensemble de nos offres.

Comment allez-vous travailler avec les équipes d'XL ?

XL renforce nos capacités sur le risque d'entreprise. Axa est désormais le premier assureur mondial en risque d'entreprise, nous avons l'intention de profiter de ce renforcement pour aller beaucoup plus loin, notamment sur les spécialités.

Nous n'avions pas en France les savoir-faire sur tous les sujets de niches comme la cybercriminalité, la fraude, les risques financiers, les risques pharmaceutiques, les essais cliniques…

Aujourd'hui, avec XL, nous avons la capacité de proposer à nos agents généraux mais aussi à nos courtiers partenaires cet accès à des offres très spécifiques diffusées conjointement par XL et Axa France.

Le rapprochement de nos équipes est en cours et nos offres seront disponibles pour nos agents d'ici la fin de l'année en capitalisant sur les compétences et expertises d'XL.

Nous avons fusionné en respectant les habitudes de nos courtiers, c'est-à-dire que nous n'avons pas changé les limites, les guichets et les interlocuteurs, parce qu'en courtage l'expérience a montré qu'1+1 ne fait pas toujours 2. Il y aura un seul guichet pour les prochains renouvellements avec les mêmes interlocuteurs et les mêmes façons de travailler.

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