Dépêches

Etude et baromètre — 01/10/2018

Perte d’autonomie : les restes à charge restent élevés, constate la Mutualité Française


(AOF) - La Mutualité Française consacre la 2e édition de son Observatoire au sujet des impacts financiers du vieillissement de la population. Si 2,1 millions de personnes avaient plus de 85 ans en 2017, elles devraient être 5,4 millions en 2050. L’analyse montre que la perte d’autonomie – qui devrait doubler en 2060 pour atteindre 2,6 millions – est un véritable enjeu de société, mais n’est pour autant pas toujours perçu comme tel.

Deux études menées par Harris Interactive confirment que la perte d'autonomie est bien un des premiers sujets de préoccupation des Français, qui s'y sentent mal préparés financièrement, mais qu'ils assument comme un problème essentiellement individuel et non sociétal.

En France, les dépenses liées à la prise en charge des personnes en perte d'autonomie sont estimées à 30 milliards d'euros. Ce montant recouvre le surcroît de dépenses de santé directement liées à la perte d'autonomie, les dépenses permettant à une personne âgée en situation de perte d'autonomie d'effectuer des actes de la vie quotidienne et les dépenses liées à son hébergement.

Les pouvoirs publics et la solidarité nationale (collectivités locales, Etat, Sécurité sociale…) financent 79% du total de la dépense pour un montant de 23,7 milliards d'euros ; 6,3 milliards d'euros sont à la charge des Français. Parmi les 6,3 milliards d'euros de dépenses à la charge des ménages, 3,8 le sont au titre des frais d'hébergement.

En Ehpad, les restes à charge (Rac) sont élevés et très variables d'un département à l'autre. Un mois d'hébergement en Ehpad pour une personne sévèrement dépendante (Gir 1 et 2) coûte en moyenne 2450 euros. Ce coût est de 2050 euros dans la Meuse mais il dépasse 3500 euros à Paris.

En prenant en compte les différentes aides publiques, le Rac est de 2000 euros en moyenne (Gir 1 et 2). Il s'avère très différent d'un département à l'autre : il atteint 1600 euros par mois dans la Meuse, et culmine à plus de 3100 euros par mois à Paris et dans les Hauts-de-Seine. Pour plus d'un résident sur deux, le reste à charge est supérieur aux ressources. Dans l'Essonne par exemple, le reste à charge atteint 2552 euros par mois. Y résider pendant cinq ans revient donc à plus de 150000 euros, une fois déduites les aides publiques. Ce montant dépasse de 46900 euros le niveau de vie médian des retraités. Autrement dit, la personne âgée qui entre dans un Ehpad en Essonne non seulement y consacrera l'intégralité de ses revenus mais devra en outre disposer d'une épargne de presque 50000 euros.

Par ailleurs, le nombre de places d'hébergement permanent varie fortement d'un département à l'autre. Il est le plus bas à la Réunion (44 places pour 1000 habitants de plus de 75 ans) et le plus élevé en Lozère (197 places pour 1000 habitants de plus de 75 ans), soit 4,5 fois plus.

"La Mutualité Française fera des propositions d'ici la fin de l'année au sujet tant du financement, que de la prévention ou de l'offre de services et d'accompagnement", a déclaré Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française.

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