Dépêches

Étude et baromètre — 16/05/2017

La situation de l’assurance vie en France dans un environnement de taux bas

L’ACPR publie une étude portant sur la situation de l’assurance vie en France dans un environnement de taux bas. L'étude indique que le marché de l’assurance vie français est l’un des plus importants d’Europe représentant plus de 1620 milliards d’euros de provisions techniques à fin 2015, dont plus de 82% pour les supports en euros. Toutefois, les organismes sont d’autant plus exposés à un environnement de taux durablement bas que leurs engagements ont été contractés à taux élevés. Les taux techniques représentaient en moyenne  0,51% sur l’ensemble des contrats en 2015 et recouvrent des situations très variables d'un type de contrat à un autre mais aussi d'un organisme à un autre. De plus, la capacité des assureurs à prendre des engagements supplémentaires sous forme d’un taux minimum garanti est limitée à 2 ans et s’avère en pratique marginale chez les principaux assureurs.

Par ailleurs, l'étude précise que l’analyse de l’impact de l’environnement de taux bas sur l’assurance vie nécessite d’étudier le taux de rendement de l’actif des assureurs. En effet, le taux de rendement de l’actif connait une baisse tendancielle depuis 2007 passant de 5,1% en 2006 à 3,4% en 2015. Aussi, le taux moyen des emprunts d’État, qui constituent environ 30% des portefeuilles des assureurs avant mise en transparence des OPC (organismes de placements collectifs), a fortement diminué, passant de 3,9% à 0,9% en moyenne annuelle entre 2006 et 2015. Les assureurs, quant à eux,  ont également réduit sur la période le taux de participation aux résultats mais dans une moindre proportion puisqu’il est passé de 4,5% à 3,2% entre 2006 et 2015.

Dans ce contexte, selon l'étude, il est nécessaire de développer une vision prospective et d’anticiper une baisse progressive du rendement des actifs des assureurs dans les années à venir. La baisse du taux de rendement de l’actif au cours des 10 prochaines années serait de l’ordre 20 points de base par an. Enfin, Les assureurs peuvent modifier aussi leur modèle d’affaires en agissant en  premier lieu sur leurs passifs d’assurance et pour les contrats en euros, en particulier limiter les taux techniques.


Source : acpr.banque-france.fr